La Louisiane au cinéma

Louisiana on the big screen

Quel est votre film préféré tourné en Louisiane?  Bayous, pirates, vie de plantation, esclavage, aventuriers, naissance du jazz, Storyville, Bourbon Street… La Louisiane constitue une inépuisable source d’inspiration pour le cinéma. Inspirés par le Historic New Orleans Collection qui a présenté une exposition en 2014 sur ce thème, voici notre sélection  d’affiches et d’images de films tournés en Louisiane ou censés s’y dérouler.

Ce premier article porte des débuts du cinéma jusqu’aux années 50.  Les deux prochains articles porteront sur les fictions des années 60 à nos jours  puis sur les films documentaires.

1916 – Pour commencer, une curiosité: Tarzan of the Apes. Il y a cent ans cette année, Hollywood est allé tourner sa première version de Tarzan censée se dérouler en Afrique dans les bayous autour de Morgan City.

1929.  Evangeline.  L’adaptation filmée, et muette, du poème de Longfellow contant la déportation des Acadiens fut tournée -pour ce qui concerne le volet louisianais de l’histoire- près de Saint Martinville.

1938.  L’Insoumise.  La réponse » louisianaise » à Autant en Emporte le Vent » (qui se déroule en Georgie) avec, là encore, un très beau portrait de femme insoumise.

1938. The Buccaneer.  Le pirate Jean Lafitte en son royaume de Barataria vu par Cecil B. de Mille.

1941.  La Belle Ensorceleuse.  Une comédie réalisée par René Clair avec Marlène Dietrich dans le rôle d’un aventurière vers 1860. Entièrement tourné en studio à Hollywood.

Bette Davis, l’Insoumise

1941. The Birth of the Blues.  L’un des premiers films de fiction sur le jazz, vaguement basé sur l’histoire de Nick la Rocca, fondateur de l’Original Dixieland Jazz Band, interprété par Bing Crosby.

1943.  Dixie.  Encore Bing Crosby, cette fois dans l’histoire d’un compositeur qui tente de percer à la Nouvelle Orléans mais refuse de vendre son chef- d’oeuvre « Dixie ».

1947. New Orleans. La fermeture du quartier réservé de Storyville constitue l’arrière plan de ce film parsemé de merveilleux instants jazzistiques avec Louis Armstrong et Billy Holliday parmi d’autres.

1949. Notre Louisiane.  Le classique et poétique  « faux documentaire » de Robert Flaherty tourné à Catahoula et Avery Island. On y entend pour la première fois du français cajun à l’écran.

1950. The Toast of New Orleans. Mario Lanza en pêcheur cajun qui devient une star de l’opéra. Un sommet du kitsch.

1951. Un Tramway Nommé Désir.  Adaptation filmée de la pièce de Tennessee  Williams et un rôle célèbre pour Marlon Brando.

1955. New Orleans Uncensored. L’un des premiers polars tourné à la Nouvelle-Orléans.

1957.  L’Esclave Libre. Une jeune femme de la bonne société  sudiste voit son univers s’écrouler lorsque  elle découvre que sa mère est noire.

1958. New Orleans After Dark. Toujours la mauvaise réputation de la ville comme cité du vice dans cet autre polar des années 50.

1958. Bagarres au King Creole, Elvis en chanteur de night club aux prises avec la mafia locale.  La chanson « Crawfish » donne lieu à une très jolie séquence tournée sur Royal Street.

Pour une liste plus complète de films traitant de la Louisiane et/ou tournés en Louisiane et disponibles en français, vous pouvez consulter le répertoire « DVD Films Louisiane » développé par l’Association France-Louisiane.

What is your favorite film « made in Louisiana »? Swamps, bayous, pirates, plantation life, slavery, birth of  jazz, Storyville, Bourbon Street… Louisiana is a treasure trove of subjects for the silver screen.

Inspired by the 2014 exhibition of Louisiana films memorabilia organized by the Historic New Orleans Collection, here is our selection of posters and other images of films shot (or supposedly shot) in Louisiana. The first part  of our series starts from beginnings to the ’50’s. Our second article will cover from the ’60’s to the present and the final article will focus on documentaries.

1916. Tarzan of the Apes.  To start with, a curiosity.  100 years ago this year, Hollywood made its first Tarzan’ movie shot in the swamps and bayous near Morgan City.

1929. Evangeline.  The Louisiana part of this silent adaptation of Longfellow’s saga was shot around Saint Martinville.

1938. Jezebel.   The « greatest romance of the South » and Louisiana’s answer to Gone With the Wind with Bette Davis as a fiery character.

1938.  The Buccaneer. Produced by Cecil B. de Mille.  Jean Lafitte, the pirate, in his kingdom of Barataria. From a book by Lyle Saxon.

1941.  The Flame of New Orleans.  A comedy film directed by French director René Clair and starring Marlène Dietrich as a French adventurer in the 1860’s. Entirely shot in a  Hollywood film studio.

1941. The Birth of the Blues.  One of the first fictions about the birth of jazz, loosely based on the story of Nick la Rocca, the founder of the Original Dixieland Jazz band  with Bing Crosby in the leading role.

1943. Dixie.  Bing Crosby again as a young songwriter trying to make it in New Orleans but refusing to sell his most treasured composition «Dixie ».

1947. New Orleans.  The closing down of the red light district of Storyville is the background of this film that contains wonderful jazz performances including Louis Armstrong.

1949. Louisiana Story. Robert Flaherty’s classic and poetic « faux » documentary about the « Cajun Huckleberry Finn » was shot in Catahoula and Avery Island. Cajun French was spoken for the first time on the screen.

1950. The Toast of New Orleans. Mario Lanza as a Cajun fisherman becoming an opera star. A summit of kitsch.

1951.  A Streetcar Named Desire.  The filmed adaptation of Tennessee Williams’ play and a famous role for Marlon Brando.

1955. New Orleans Uncensored.  One of the first crime films shot in New Orleans.

1957.  Band of Angels.   A privileged Southern belle sees her world falling apart when she discovers her mother is black.

1958.  New Orleans After Dark.  Once again, New Orleans portrayed as the city of vice in this crime film.

1958.  King Creole.  A night club singer, Elvis gets into trouble with the local mafia. Includes a nice sequence shot on Royal Street. around his song « Crawfish ».

For a good list of films on Louisiana and/or produced in Louisiana and available in French, take a look at the list produced by France-Louisiane  « DVD Films Louisiane ».

Text : Jean-Pierre Bruneau

Image credits:
Flame of New Orleans poster: By Universal Pictures
Tarzan of the Apes poster: By National Film Corporation [Public domain], via Wikimedia Commons
Evangeline poster: By United Artists [Public domain], via Wikimedia Commons
Main Bette Davis photo: National Board of Review Magzazine for April 1938, Volume XIII, Number 4, front cover [Public domain], via Wikimedia Commons
Other Bette Davis photo: By Photoplay Publishing Company; Warner Bros.
A Streetcar Named Desire poster: By Bill Gold and Warner Bros. [Public domain], via Wikimedia Commons
The Buccaneer poster: By Paramount Pictures
Louisiana Story poster: By Robert Flaherty Productions, Inc.
King Creole poster: By Paramount Pictures (corporate author) [Public domain], via Wikimedia Commons

By |8 avril, 2017|Categories: Lieux | Landmarks, Musique | Music, Personnalités | People|Tags: , , , |

Visages de la Nouvelle-Orléans

Painted Faces of New Orleans

Exposition Visages de la Nouvelle-Orléans à Aubervilliers, 6 avril – 3 mai, 2017. Fascinée par les traditions et rites artistiques de la Nouvelle-Orléans, Clémence Devienne s’est rendue en Louisiane au mois de janvier 2017 pour rencontrer ces hommes et ces femmes qui font vibrer la ville. Au fil de ses rencontres, avec Deacon, un chanteur et musicien de Rythm‘n’ Blues, Alfred Doucette, un célèbre Mardi Gras Indian qui porte fièrement sa coiffe de 70 kilos, Anita, l’une des « Baby Dolls » qui défilent en boas à plumes et robes de satin, et tant d’autres, Clémence a voulu saisir cette énergie artistique intense qui lie les habitants à la ville.

Les séances n’étaient pas toujours une partie de plaisir pour les sujets portraitisés comme pour l’artiste : Alfred Doucette a eu bien du mal à garder la pause quand la lourdeur de sa coiffe commençait à se faire sentir. Deacon John Moore, dont Clémence Devienne a voulu immortaliser le sourire inimitable, a souffert des zygomatiques pendant une séance qui s’est terminée tard dans la nuit. Il fallait peindre le plus de gens possible dans un temps limité, s’adapter à leurs emplois du temps et peindre quand ils le pouvaient.

Les portraits, pour lesquels Clémence Devienne se déplaçait systématiquement, étaient aussi l’occasion de pénétrer dans des mondes différents. Au cours de son séjour, Clémence Devienne a peint dans un studio de musique de l’université de Loyola, chez un barbier, dans les locaux de l’association « The Neighborhood Story Project », dans les bureaux du « Off Beat Magazine », etc. La spécificité de chaque séance se reflète dans les choix des couleurs ou de la technique. Le pastel fait ressortir Dappa, un musicien hip-hop dan l’environnement du studio de musique de Loyola. Les perles brodées sur la toile représentant Alfred Doucette font écho aux gigantesques costumes colorés qui s’amoncellent dans l’appartement de celui qu’on appelle le « Big Chief ».

Réalisés au cours d’un séjour de trois semaines en janvier 2017, les portraits, une trentaine au total, sont à la fois un hommage aux habitants et une porte d’entrée dans le monde néo-orléanais. Ils sont exposés au Grand Bouillon, un lieu artistique et de débats et échanges à Aubervilliers, du 6 avril au 3 mai. Le vernissage a lieu le 6 avril à partir de 19h.

A propos de l’artiste: Diplômée des Arts Déco de Paris, Clémence Devienne peint depuis l’enfance mais d’autres projets l’ont un temps éloignée des pinceaux. Depuis quatre ans, elle y consacre le plus de temps possible dans son atelier d’Aubervilliers.  Son médium de prédilection, le portrait, lui permet de rencontrer des gens de tous les horizons et, au cours de séances de pause qui peuvent durent plusieurs heures, de nouer un véritable échange.

Exhibition Visages de la Nouvelle-Orléans  in Aubervilliers, April 6th – May 3rd, 2017. Fascinated by the traditions and artistic pathways of New Orleans, Clémence Devienne travelled to Louisiana in January 2017 in ordre to meet the men and women that keep the city’s heart beating.  Through her encounters with Deacon, a R&B musician, Alfred Doucette, a famous Mardi Gras Indian that proudly wears his 70 kilo costume, and Anita, one of the « Baby Dolls » that parades in a ostrich boa and satin dress, and many others, Clémence sought to capture the intense artistic energy that connects the town’s residents.

Clémence à la Nouvelle-Orléans

Sittings for portraits weren’t always easy for sitter or artist: Alfred Doucette had to pose under the heavy weight of his headdress.  Deacon John Moore, whose smile Clémence absolutely wanted to immortalise, strained his facial muscles during a sitting that went late into the evening.  The artist had to paint as many people as possible in a limited time, respecting their busy schedules and seizing every opportunity that came her way.

Painting gave Clémence Devienne a chance to enter each sitter’s world as she always painted them where they work, live or play.  She painted in a music studio at Loyola University, in a barbershop, at « The Neighborhood Story Project« , in the offices of « Off Beat Magazine« , etc.  Clémence chose her colors and technique to reflect each sitter and their world.   Pastel was chosen for Dappa, a hip-hop musician who sat in the Loyola music studio.  The embroidered pearls on Alfred Doucette’s portrait call to the massive colorful costumes you will find in Afred’s or « Big Chief’s » appartment.

The exhibition delights our eyes with thirty portraits done over three weeks in January 2017.  It is meant to be a homage to the inhabitants of New Orleans and provides viewers with a doorway into the unique world of New Orleans.  The exhibition is hosted at the Grand Bouillon, a center for the arts, debate and discussion in Aubervilliers, accessible by metro from Paris.  The opening event will take place on April 6th from 19h.

About the artist: A graduate of the Arts Déco school of Paris, Clémence Devienne has painted since childhood.  While other projects pulled her away from painting, for the last four years she has spent the large part of ther time working in her Aubervilliers studio. Her favorite genre, the portrait, allows her to meet people from all walks of life.

Texte by: Clémence Devienne
All photos: Copyright © Clémence Devienne, 2017