New Orleans 300 years Panorama

Entre l’Enfer et le Paradis

photos: Robin Reynolds
Seignouret-Brulatour building photo: HNOC

Une œuvre d’art unique et interactive qui célèbre les 300 ans de la Nouvelle-Orléans bientôt exposée à Paris ?  Entretien France-Louisiane avec l’artiste Robin Reynolds.

Artist Robin Reynolds

Qu’est-ce qui vous motive dans la production de ces œuvres panoramiques complexes ?
J’ai toujours beaucoup aimé deux sujets : les gens et les immeubles. Quand ils sont combinés dans un tableau, on doit travailler à la fois à très grande échelle (2m x 1m) et sur les tous petits détails. Heureusement, j’ai la patience qu’il faut pour réussir ce type de travail. Je dessine à l’encre de chine et aquarelle avec mon nez à 10 centimètres de l’œuvre et ne vois pas vraiment l’image que quand je me recule. C’est ce résultat final qui me motive.

Quelles sont vos sources d’inspiration et en quoi vos œuvres sont-elles originales?
Je suis inspiré par la collaboration entre individus et comment elle peut générer des résultats époustouflants – ce que l’on voit dans nos villes. Une ville est le fruit de milliards d’initiatives individuelles.

Le monde fantastique de Robin Reynolds

Pourquoi une œuvre panoramique sur la Nouvelle-Orléans ?
En 2016, j’ai réalisé un tableau sur Londres, une version moderne de l’œuvre de Claes Janz Visscher (1616). Ce projet m’a motivé à considérer d’autres villes dont Istanbul, le Vatican, Sydney et Vancouver. Quelqu’un m’a suggéré la Nouvelle-Orléans mais cela ne me tentait pas : dans mon ignorance je pensais que l’ouragan Katrina avait tout détruit. Une visite en janvier 2016 m’a fait rapidement changer d’avis. Les conseils d’historiens locaux comme Sarah Borealis et les experts du Historic New Orleans Collection (HNOC) m’ont beaucoup aidé. Le HNOC m’a encouragé à faire des liens entre leur collection documentaire et l’œuvre panoramique. En fin du compte, la ville m’a complètement séduit, pleine de couleur et de musique, un peu folle, riche dans son métissage, avec un côté tragique. Son histoire n’est pas faite que de joie et de fêtes.

Qui sera intéressé par l’œuvre et qu’est-ce qu’on va découvrir dans ce panorama ?
J’espère que le tableau plaira à tout le monde, adultes et enfants ; ceux qui connaissent la Nouvelle-Orléans et ceux qui la découvrent pour la première fois. De loin, le visiteur reconnaitra la ville mais idéalement ils s’approcheront pour découvrir les détails et les histoires associées. Pour cela, il y aura un guide en ligne pour l’exposition à la Nouvelle-Orléans.

Panorama Nouvelle-Orléans: La période turbulente après la Guerre de Sécession

Mon ambition est que le spectateur abordera l’œuvre “La Nouvelle-Orléans: entre l’Enfer et le Paradis” comme un puzzle. Le tableau contient plus de 100 épisodes et thèmes de la ville depuis sa fondation en 1718. Certains seront très faciles à repérer tels qu’un rassemblement d’esclaves au Congo Square. D’autres nécessiteront plus d’efforts tels que des images humoristiques ou allégoriques.

Pour les parisiens, des lieux (La Salpetrière, l’Eglise Saint-Eustache…) et des personnalités (John Law, Napoléon, Edgar Degas…) font partie des nombreux liens entre Paris et la Nouvelle-Orléans évoqués dans le tableau.

Les spectateurs plus jeunes peuvent participer à des parcours thématiques ou utiliser des indices fournis par un guide pour identifier des épisodes liées à un événement historique. Pour les adultes, on peut leur demander d’identifier des références à des romans ou pièces de théâtres basées sur la Nouvelle-Orléans.  Les possibilités d’animations interactives sont très nombreuses.

Panorama de Londres (Robin Reynolds, 2016)

Quel est le plan pour exposer « La Nouvelle-Orléans: entre l’Enfer et le Paradis » ?
L’œuvre sera prête début 2018. Mon objectif est de le faire exposer à la Nouvelle-Orleans dans le cadre de l’exposition Art of the City de l’HNOC, événement lié à la célébration du tricentenaire.  L’exposition Art of the City se passera dans l’immeuble historique Seignouret-Brulatour, actuellement en train d’être restauré.

J’espère faire une exposition simultanée  à la Nouvelle-Orléans et en France.  C’est une façon de reconnaître le rôle de la France dans la fondation de la Nouvelle-Orléans. Paris serait mon choix de prédilection à cause des liens historiques entre la Nouvelle-Orléans et la Ville Lumière.  Je cherche actuellement un partenaire et une espace d’exposition à Paris.

Will a unique interactive art work celebrating 300 years of New Orleans’ colorful story soon be on display in Paris?  France-Louisiane interviews the artist Robin Reynolds.

What motivates you to produce these very complex panoramas?
Buildings and people have always been my subject. And if you’re drawing buildings and people together, you’re inevitably drawing on both a grand scale (2m x 1m), and in great detail. I am, somehow, equipped with the patience to work in micro and macro, on pictures that take a long time. It carries its risks.  I toil with my face ten centimeters from the paper, using pen and ink and ink and watercolor.  When I step back I am often pleasantly surprised at the result. I guess it’s the result that motivates me.

What are the particularities of your work and what is your inspiration?
I’m inspired by the way combined human efforts are able to achieve so much – and nowhere is this more manifest than in our cities. Each city is the result of billions of individual human inputs.

A peculiarity of my work is the fun within. Perhaps it is about celebrating individuality. People may work together like ants, but they can’t lose their personal idiosyncrasies. In my fantasy cities some people hit each other with brooms, others fall off bridges, and others walk through town half naked. Why? It’s just the way they are.

Why did you decide to do a work on New Orleans?
After my 2016 London panorama, which was an update of a 1616 view of the city by Claes Janz Visscher, I looked at a number of cities as possibilities for a follow-up.  The Vatican and Istanbul appealed to me. I also considered Sidney and Vancouver, before someone suggested New Orleans. A t first I didn’t fancy it. In my ignorance I had the idea that after Hurricane Katrina, New Orleans was damaged beyond repair. But when I visited in January 2016 I realized what I had almost missed.

I took advice from local historians – notably Sarah Borealis – and from the staff of the Historic New Orleans Collection (HNOC). The HNOC, as an institution, was very supportive of the idea of a work that links from visuals in the panorama to their records and the treasures of the collection.  In the end, it was compelling. Colorful, crazy, musical, rich in its many cultures. But edgy too. The story of New Orleans is not one of unbroken happiness.

Who is your target audience and what experience do you want the viewer to have when in front of your work?
I hope the image will appeal to everyone, one way or another. From across the room, everyone should have an idea what they’re looking at, without prompting. But ideally, people will be curious enough to go closer. I want them to get into the detail, and the longer they spend looking at it, the better.

Work in progress – « New Orleans Between Heaven and Hell »

My hope is that people will treat New Orleans: Between Heaven and Hell as a puzzle. The panorama itself is a view of the city. Underpinning it is a pageant of the city’s history. I’ve picked out more than a hundred episodes and themes from the last 300 years. Some will be easy to spot, as they are portrayed very literally. Others will be identified by people familiar with the New Orleans story. For example, many will pick out a famous engraving of slaves dancing. Other clues will require lateral thought.

For Parisians, numerous places (La Salpetrière, l’Eglise Saint-Eustache…) and people (John Law, Napoléon, Edgar Degas…) represent the numerous links between Paris and New Orleans that viewers will find in the work.

It should be possible to devise brief journeys through the pageant. A school party, for example, could be given clues to help them chart their way through, say, ten or fifteen episodes in the story. And a party of adults could be challenged to find references to eight books or plays that came out of New Orleans.

What is the plan for displaying « New Orleans: Between Heaven and Hell »?

Brulatour-House-HNOC

Brulatour House HNOC

The work will be completed by the end of 2017.  The plan is to exhibit the panorama as part of the HNOC’s Art of the City exhibition, in celebration of the tricentennial. Art of the City will take place in the historic Seignouret-Brulatour building in Royal Street – now being restored.

Given France’s key role in the founding of New Orleans, I would like to do a concurrent exhibit between France and Louisiana. The ideal choice would be Paris given the historically strong connections between New Orleans and the French capital.  I am currently looking for an exhibition space and partner in Paris.

By |11 novembre, 2017|Categories: Beaux Arts | Fine Arts, Lieux | Landmarks, Personnalités | People|Tags: , |

La Louisiane au cinéma 2

Louisiana on the big screen 2

A partir des années 60, Hollywood sort des studios et privilégie les décors naturels, ce dont profite la Louisiane.  L’ architecture unique de  la Nouvelle-Orléans attire notamment deux films censés se dérouler durant la Grande Dépression,  The Cincinnati Kid (1965) de Norman Jewison avec Steve McQueen qui se déroule dans le milieu du jeu et Hard Times (Le Bagarreur, 1975) de Walter Hill avec Charles Bronson, dans l’univers de la boxe et des combats clandestins.

Ce nouveau naturalisme concerne aussi la population noire, jusque là rarement dépeinte. Ainsi, Martin Ritt réalise Sounder (1972), chronique familiale et rurale avec Cicely Tyson sur la musique de Taj Mahal tandis que Gordon Parks évoque la vie d’un célèbre bluesman avec Leadbelly (1976).

Ode à la liberté, énorme succès au box office Easy Rider (1969) de Dennis Hopper se termine (mal) en Louisiane. Autre représentant de la contre-culture, le new yorkais Jim Jarmush qui plante sa caméra dans les bayous pour son amusant Down by Law. En 1987, Jim McBride connait un beau succès avec un polar The Big Easy (Le Flic de mon coeur)  qui inspirera une série télévisée dérivée diffusée en 1996 et 1997.

Rites vaudous, loups garous, vampires et autres zombis constituent une riche matière dramatique associée à Nola, surtout depuis le succès de la romancière Anne Rice dont le Vampire Diaries  (Conversation avec un vampire) a été adapté par Neil Jordan avec Brad Pitt et Tom Cruise. Toujours dans cette veine du paranormal, citons Eve’s Bayou (Le secret du Bayou, 1999) et  The Skeleton Key (La Porte des secrets, 2005)

Originaire du bayou Lafourche, le cadjin Glen Pitre réussit, grâce à l’aide de Robert Redford et de la Sundance Foundation a monter  son Belizaire the Cajun en 1989, premier film historique de fiction entièrement louisianais. Pitre réalisera plus tard The Scoundrel’s Wife qui se déroule durant la 2ème guerre mondiale et The Man Who Came Back sur une révolte d’esclaves au 19°siècle.

Politiciens populistes pittoresques, les frères  Huey P. Long  et Earl K. Long furent gouverneurs de l’Etat. L’ascension et la chute du premier a inspiré All the King’s Men (Les fous du roi, 2006)  avec Sean Penn, d’après le roman de Robert Penn Warren ; le second, Blaze avec Paul Newman évoque la liaison d’Earl K. Long avec la strip-teaseuse Blaze Starr.

Intéressés par cet Etat américain pas comme les autres, des réalisateurs européens et pas des moindres y réalisent des films marquants. Louis Malle dès 1978, décrit le trouble univers des maisons closes de Storyville avec Pretty Baby (La Petite); Philippe de Broca y adapte la trilogie de Maurice Denuziere  Louisiana  (Louisiane, 1984) et l’allemand Volker Schlondorff , le roman d’Ernest Gaines A Gathering of Old Men (Colère en Louisiane, 1987). Cette même année, le britannique Alan Parker y réalise le saisissant Angel Heart. Durant les années 2000, s’y succèdent Michael Schorr pour
Schultze Gets the Blues sur un mineur est-allemand amateur de zydeco; Werner Herzog pour Bad Lieutenant Port of Call New Orleans avec Nicolas Cage et surtout Bertrand Tavernier qui adapte avec une belle véracité le roman de James Lee Burke
In the Electric Mist (Dans la Brume électrique) avec Tommy Lee Jones parfait dans le rôle du détective cajun Dave Robicheaux.

Ces dernières années, une politique fiscale très favorable a permis d’attirer de nombreux tournages qui font de l’Etat le nouvel Hollywood du sud. Citons deux films historiques à succès « Django Unchained » de Quentin Tarantino et 12 Years a Slave de Steve McQueen qui dénoncent l’inhumanité de l’esclavage.  Conte onirique et écologique remarquable Beast of the Southern Wild (Les Bêtes du Sud Sauvage, 2015) de Benh Zeitlin est une production indépendante louisianaise qui fut récompensée dans de nombreux festivals.

Citons encore pour conclure le délicieux dessin animé des studios Disney The Princess and the Frog (La Princesse et la Grenouille, 2009) un film d’animation de Walt Disney Animation Studios réalisé par Ron Clements et John Musker sur une musique de Randy Newman qui baigne dans la culture et les musiques louisianaises.

Pour une liste plus complète de films traitant de la Louisiane et/ou tournés en Louisiane et disponibles en français, vous pouvez consulter le répertoire « DVD Films Louisiane » développé par l’Association France-Louisiane.

From the sixties, Hollywood turned  more and more to filming on location and Louisiana’s natural beauty, architectural treasures and rich history provide a perfect background including for period movies. This is the case for two films set during the Great Depression, Norman Jewison’s The Cincinnati Kid (1965) with Steve McQueen and Walter Hill’s  Hard Times with Charles Bronson.  Later on, Hill shot two more films in Louisiana, the stereotyped Southern Comfort in 1981 and Johnny Handsome in 1989.

This new trend towards naturalism included the black community, scarcely portrayed before. Martin Ritt chronicles a family of sharecroppers  in Sounder ( 1972)  with Cicely Tison and music by Taj Mahal while Gordon Parks evokes the life and times of Louisiana’s most famous bluesman Leadbelly (1976).

A huge box office success, the quintessential road movie « Easy Rider » by Dennis Hopper had it’s final  sequences shot in Louisiana even though its portrayal of the state is far from pretty.  Another counter-culture icon, Jim Jarmush, also featured Louisiana in his amusing Down By Law. In 1987, Jim McBride’s detective story The Big Easy  did very well at the box office,  reviving Americas’ love affair with Nola  and inspired a TV series broadcasted in 1996 and 1997.

Louisiana in the movies is both heaven and hell.  Voodoo, gris-gris,  ghosts, zombies, vampires are all part of the New Orleans folklore and became especially popular thanks to novels by Anne Rice whose Vampire Diaries was adapted by  Neil Jordan with Brad Pitt and Tom Cruise. In the same occult vein, let’s not forget Eve’s Bayou (1999) and The Skeleton Key (2005).

A native of Bayou Larouche,  the Cajun Glen Pitre is Louisiana’s best known native filmmaker. With the help of Robert Redford and the Sundance Foundation he managed to shoot the first totally Louisianan historical fiction Belizaire the Cajun (1989). Later on he made The Scoundrel’s Wife taking place during WWII and The Man Who Came Back with a 19th century slave revolt as background.  Colorful political characters, the two brothers, Huey P. Long and Earl K. Long were governors of Louisiana.  The rise and fall of Huey P. inspired Robert Penn Warren’s novel All the King’s Men adapted for the screen in 2006 with Sean Penn. His brother Earl K. has a liaison with a stripper, in the film Blaze with Paul Newman.

Louisiana also proved a wealth of inspiration for some notable European filmmakers. In 1978, Frenchman Louis Malle explored the underbelly of the red light district of Storyville with Pretty Baby. In 1984, his fellow countryman Philippe de Broca set his film Louisiana from the trilogy by Maurice Denuziere in the Pelican State. The German Volker Schlondorff  adapted Louisiana’s novelist Ernest Gaines’ A Gathering of Old Men in 1987  and the same year British filmmaker Alan Parker took advantage of both the picturesque and sleazy sides of Nola with Angel Heart. During the 2000’s came Michael Schorr following an East German miner in search of zydeco in Schultze Gets the Blues; Werner Herzog for Bad Lieutenant, Port of Call New Orleans with Nicolas Cage and most of all Bertrand Tavernier who did a remarkable adaptation of James Lee Burke’s novel In the Electric Mist with a perfect Tommy Lee Jones as Cajun detective Dave Robicheaux.

In the last few years, and especially since Katrina, dozens of films have been shot in South Louisiana dubbed  « Hollywood South », thanks to a generous tax rebate offered to producers setting their films there. Among the most successful productions were Quentin Tarantino’s Django Unchained and Steve Mc Queen’s 12 Years a Slave both  period films dealing with the inhumanity of slavery.

One big surprise was the independently produced « Beast of the Southern Wild » (2005), a tale of the environment directed  by a young Benh Zeitlin who gathered an impressive collection of awards in film festivals around the world.

To wrap up this short overview, let’s not forget the classic Disney animation feature film The Princess and the Frog (2009), directed by Ron Clements et John Musker with music by Randy Newman, a veritable feast for the eyes, full of the culture and music of Louisiana!

For a good list of films on Louisiana and/or produced in Louisiana and available in French, take a look at the list produced by France-Louisiane  « DVD Films Louisiane ».

Text : Jean-Pierre Bruneau

Image credits:
Angel Heart poster: By Carolco Pictures
Bad Lieutenant Port of Call New Orleans poster: By Millennium Films
Belizaire the Cajun poster: By Cote Blanche Productions
The Big Easy poster: By Kings Road Entertainment
Hard Times poster: By  Columbia Pictures Corporation
In the Electric Mist poster: By  Ithaca Pictures, Lillte Bear, TF1 International
Pretty Baby poster: By Paramount Pictures
The Skeleton Key poster: By Universal Pictures, ShadowCatcher Entertainment, Double Feature Films
Sounder  poster: By Radnitz/Mattel Productions, Rainbow Group

By |20 mai, 2017|Categories: Art de Vivre | Lifestyle, Lieux | Landmarks, Personnalités | People|Tags: , , , |