France-Louisiane fête ses 40 ans

Celebration in Paris

Texte de/text by : Christian Esther, article publié dans/first published in Soul Bag magazine 
Photos © Alain Péronny, Jean Pierre Bruneau, Christian Esther

France-Louisiane a célébré son quarantième anniversaire dans les prestigieuses salles de Hôtel de Talleyrand, place de la Concorde, gentiment prêtées par l’ambassade des États-Unis. Créée en 1977, l’association (loi 1901) favorise l’amitié entre la Louisiane, l’Amérique francophone et la France, ceci au travers de voyages et de manifestations didactiques ou festives : la culture et la musique du sud des États-Unis y est toujours présente.

En entrant, nous sommes tout de suite accueillis par les belles photos de Bernard Hermann, prises dans les années 80 dans les quartiers noirs de La Nouvelle-Orléans, ainsi que les tableaux et dessins de jeunes artistes français de la Slow Galerie parisienne. Sans oublier la musique dansante du groupe cajun Bélisaire.

Puis le Nola French Connection Brass Band emmène les invités à travers les salles dans la tradition des orchestres second line. Souvent invité par les orchestres néo-orléanais de passage à Paris, comme le Hot 8 Brass Band, le groupe est attendu dès le lendemain à Big Easy ! 

Pianiste Victor Adelaïde with « Professor » Colin Gravois

Après les discours de Joel Reynoso, le représentant de l’ambassade américaine, et de Joseph Roussel, président de France-Louisiane, sont proposés cocktails louisianais, soupe “gumbo”, gambas et sandwichs “poor boys”.  

Le chanteur pianiste Victor Adelaïde retrace ensuite les grandes traditions pianistes de La Nouvelle-Orléans, de Jelly Roll Morton à Fats Domino. Colin Gravois, originaire de Vacherie comme Fats qui devait nous quitter quelques jours plus tard, fera office de “professor” en donnant de brillantes explications sur tous ces musiciens. Une jam non prévue avec le Nola French Connection et un inspiré On the sunny side of the street nous plonge dans une boîte du quartier de Storyville, berceau du jazz, détruit il y a tout juste cent ans. Bel hommage. Ne l’oublions pas, l’année 1917 fut celle du premier enregistrement de jazz (par l’Original Dixieland Jass Band) et de l’arrivée sur le vieux continent des premiers orchestres militaires noirs ouvrant les oreilles européennes à des nouveaux sons, à de nouveaux rythmes.

Et puis le groupe Bélisaire revêt ses habits de carnaval pour défiler dans la tradition de Mardi-Gras avant que les cuivres du NFC Brass Band résonnent à nouveau, autour d’un gâteau d’anniversaire.

Une belle soirée placée sous le signe de la vielle amitié franco-américaine, et aussi l’occasion d’annoncer que France-Louisiane se prépare déjà à fêter dignement, en 2018, le tricentenaire de La Nouvelle-Orléans.

The France-Louisiane Association celebrated its 40th birthday on October 20th in the prestigious Hôtel de Talleyrand, place de la Concorde, kindly made available by the United States Embassy.  Created in 1977, the Association promotes cultural cooperation between Louisiana, francophone America and France through  trips and various festive and educational events: the culture and music of Louisiane being a key element of its activities. 

Upon entering the Hôtel de Talleyrand, we immediately encounter a series of impressive photos by Bernard Hermann, taken in the 1980’s in the African-American neighborhoods of New Orleans, followed by the colorful works of young French artists from Paris’ Slow Galerie on the theme of Flamboyant New Orleans.  These first two stops are made all the more enjoyable by the lively danse music of the cajun group Bélisaire.

 

Association President Joseph Roussel welcomes guests

Shortly after, the Nola French Connection Brass Band leads us all through the rooms in the grand tradition of the « second line ».  The Band’s members are often invited to play by New Orleans’ musicians visiting Paris, like the Hot 8 Brass Band, and is off the next day to the Big Easy. 

After speeches by  Joel Reynoso, who is representing the US Embassy, and Joseph Roussel, president of France-Louisiane, guests enjoy Louisiana-inspired cocktails, gumbo, garlic prawns and po’boy sandwiches.

The pianist-singer, Victor Adelaïde then enthralls us all with a musical journey through the different New Orleans piano styles, from Jelly Roll Morton to Fats Domino. Colin Gravois, who hails from Vacherie Louisiana like Fats (who sadly departed a few days later) played the role of « professor », providing short commentary on the musicians showcased by Victor.  A non-planned jam session with the Nola French Connection band and an inspired  On the sunny side of the street took us all back to Old New Orleans.  Storyville, the birthplace of jazz was closed just a hundred years ago.  1917 was also the first jazz recording ( by the Original Dixieland Jass Band) and the year jazz arrived in the Old Continent with African-American military bands opening up European ears to totally new sounds and beats.

Gumbo and Po’Boys – who can resist !

After Victor, we are all surprised as the group Bélisaire appears in traditional Cajun Mardi gras outfits to parade among us followed by the NFC Brass Band who sounds the call to gather and enjoy some France-Louisiane birthday cake!

A true reflection of the long and enduring friendship between France and the United States, the evening was also a moment for the France-Louisiane Association to announce its 2018 projects focussed on the 300th Anniversary of New Orleans, founded by the Frenchman Jean-Baptiste LeMoyne de Bienville in 1718.

 

 

New Orleans 300 years Panorama

Entre l’Enfer et le Paradis

photos: Robin Reynolds
Seignouret-Brulatour building photo: HNOC

Une œuvre d’art unique et interactive qui célèbre les 300 ans de la Nouvelle-Orléans bientôt exposée à Paris ?  Entretien France-Louisiane avec l’artiste Robin Reynolds.

Artist Robin Reynolds

Qu’est-ce qui vous motive dans la production de ces œuvres panoramiques complexes ?
J’ai toujours beaucoup aimé deux sujets : les gens et les immeubles. Quand ils sont combinés dans un tableau, on doit travailler à la fois à très grande échelle (2m x 1m) et sur les tous petits détails. Heureusement, j’ai la patience qu’il faut pour réussir ce type de travail. Je dessine à l’encre de chine et aquarelle avec mon nez à 10 centimètres de l’œuvre et ne vois pas vraiment l’image que quand je me recule. C’est ce résultat final qui me motive.

Quelles sont vos sources d’inspiration et en quoi vos œuvres sont-elles originales?
Je suis inspiré par la collaboration entre individus et comment elle peut générer des résultats époustouflants – ce que l’on voit dans nos villes. Une ville est le fruit de milliards d’initiatives individuelles.

Le monde fantastique de Robin Reynolds

Pourquoi une œuvre panoramique sur la Nouvelle-Orléans ?
En 2016, j’ai réalisé un tableau sur Londres, une version moderne de l’œuvre de Claes Janz Visscher (1616). Ce projet m’a motivé à considérer d’autres villes dont Istanbul, le Vatican, Sydney et Vancouver. Quelqu’un m’a suggéré la Nouvelle-Orléans mais cela ne me tentait pas : dans mon ignorance je pensais que l’ouragan Katrina avait tout détruit. Une visite en janvier 2016 m’a fait rapidement changer d’avis. Les conseils d’historiens locaux comme Sarah Borealis et les experts du Historic New Orleans Collection (HNOC) m’ont beaucoup aidé. Le HNOC m’a encouragé à faire des liens entre leur collection documentaire et l’œuvre panoramique. En fin du compte, la ville m’a complètement séduit, pleine de couleur et de musique, un peu folle, riche dans son métissage, avec un côté tragique. Son histoire n’est pas faite que de joie et de fêtes.

Qui sera intéressé par l’œuvre et qu’est-ce qu’on va découvrir dans ce panorama ?
J’espère que le tableau plaira à tout le monde, adultes et enfants ; ceux qui connaissent la Nouvelle-Orléans et ceux qui la découvrent pour la première fois. De loin, le visiteur reconnaitra la ville mais idéalement ils s’approcheront pour découvrir les détails et les histoires associées. Pour cela, il y aura un guide en ligne pour l’exposition à la Nouvelle-Orléans.

Panorama Nouvelle-Orléans: La période turbulente après la Guerre de Sécession

Mon ambition est que le spectateur abordera l’œuvre “La Nouvelle-Orléans: entre l’Enfer et le Paradis” comme un puzzle. Le tableau contient plus de 100 épisodes et thèmes de la ville depuis sa fondation en 1718. Certains seront très faciles à repérer tels qu’un rassemblement d’esclaves au Congo Square. D’autres nécessiteront plus d’efforts tels que des images humoristiques ou allégoriques.

Pour les parisiens, des lieux (La Salpetrière, l’Eglise Saint-Eustache…) et des personnalités (John Law, Napoléon, Edgar Degas…) font partie des nombreux liens entre Paris et la Nouvelle-Orléans évoqués dans le tableau.

Les spectateurs plus jeunes peuvent participer à des parcours thématiques ou utiliser des indices fournis par un guide pour identifier des épisodes liées à un événement historique. Pour les adultes, on peut leur demander d’identifier des références à des romans ou pièces de théâtres basées sur la Nouvelle-Orléans.  Les possibilités d’animations interactives sont très nombreuses.

Panorama de Londres (Robin Reynolds, 2016)

Quel est le plan pour exposer « La Nouvelle-Orléans: entre l’Enfer et le Paradis » ?
L’œuvre sera prête début 2018. Mon objectif est de le faire exposer à la Nouvelle-Orleans dans le cadre de l’exposition Art of the City de l’HNOC, événement lié à la célébration du tricentenaire.  L’exposition Art of the City se passera dans l’immeuble historique Seignouret-Brulatour, actuellement en train d’être restauré.

J’espère faire une exposition simultanée  à la Nouvelle-Orléans et en France.  C’est une façon de reconnaître le rôle de la France dans la fondation de la Nouvelle-Orléans. Paris serait mon choix de prédilection à cause des liens historiques entre la Nouvelle-Orléans et la Ville Lumière.  Je cherche actuellement un partenaire et une espace d’exposition à Paris.

Will a unique interactive art work celebrating 300 years of New Orleans’ colorful story soon be on display in Paris?  France-Louisiane interviews the artist Robin Reynolds.

What motivates you to produce these very complex panoramas?
Buildings and people have always been my subject. And if you’re drawing buildings and people together, you’re inevitably drawing on both a grand scale (2m x 1m), and in great detail. I am, somehow, equipped with the patience to work in micro and macro, on pictures that take a long time. It carries its risks.  I toil with my face ten centimeters from the paper, using pen and ink and ink and watercolor.  When I step back I am often pleasantly surprised at the result. I guess it’s the result that motivates me.

What are the particularities of your work and what is your inspiration?
I’m inspired by the way combined human efforts are able to achieve so much – and nowhere is this more manifest than in our cities. Each city is the result of billions of individual human inputs.

A peculiarity of my work is the fun within. Perhaps it is about celebrating individuality. People may work together like ants, but they can’t lose their personal idiosyncrasies. In my fantasy cities some people hit each other with brooms, others fall off bridges, and others walk through town half naked. Why? It’s just the way they are.

Why did you decide to do a work on New Orleans?
After my 2016 London panorama, which was an update of a 1616 view of the city by Claes Janz Visscher, I looked at a number of cities as possibilities for a follow-up.  The Vatican and Istanbul appealed to me. I also considered Sidney and Vancouver, before someone suggested New Orleans. A t first I didn’t fancy it. In my ignorance I had the idea that after Hurricane Katrina, New Orleans was damaged beyond repair. But when I visited in January 2016 I realized what I had almost missed.

I took advice from local historians – notably Sarah Borealis – and from the staff of the Historic New Orleans Collection (HNOC). The HNOC, as an institution, was very supportive of the idea of a work that links from visuals in the panorama to their records and the treasures of the collection.  In the end, it was compelling. Colorful, crazy, musical, rich in its many cultures. But edgy too. The story of New Orleans is not one of unbroken happiness.

Who is your target audience and what experience do you want the viewer to have when in front of your work?
I hope the image will appeal to everyone, one way or another. From across the room, everyone should have an idea what they’re looking at, without prompting. But ideally, people will be curious enough to go closer. I want them to get into the detail, and the longer they spend looking at it, the better.

Work in progress – « New Orleans Between Heaven and Hell »

My hope is that people will treat New Orleans: Between Heaven and Hell as a puzzle. The panorama itself is a view of the city. Underpinning it is a pageant of the city’s history. I’ve picked out more than a hundred episodes and themes from the last 300 years. Some will be easy to spot, as they are portrayed very literally. Others will be identified by people familiar with the New Orleans story. For example, many will pick out a famous engraving of slaves dancing. Other clues will require lateral thought.

For Parisians, numerous places (La Salpetrière, l’Eglise Saint-Eustache…) and people (John Law, Napoléon, Edgar Degas…) represent the numerous links between Paris and New Orleans that viewers will find in the work.

It should be possible to devise brief journeys through the pageant. A school party, for example, could be given clues to help them chart their way through, say, ten or fifteen episodes in the story. And a party of adults could be challenged to find references to eight books or plays that came out of New Orleans.

What is the plan for displaying « New Orleans: Between Heaven and Hell »?

Brulatour-House-HNOC

Brulatour House HNOC

The work will be completed by the end of 2017.  The plan is to exhibit the panorama as part of the HNOC’s Art of the City exhibition, in celebration of the tricentennial. Art of the City will take place in the historic Seignouret-Brulatour building in Royal Street – now being restored.

Given France’s key role in the founding of New Orleans, I would like to do a concurrent exhibit between France and Louisiana. The ideal choice would be Paris given the historically strong connections between New Orleans and the French capital.  I am currently looking for an exhibition space and partner in Paris.

By |11 novembre, 2017|Categories: Beaux Arts | Fine Arts, Lieux | Landmarks, Personnalités | People|Tags: , |